Lettre ouverte aux parents d’enfants turbulents (Partie V)

Photo : Anonyme

Voilà chers parents, le quotidien de cet animal qui vit chez vous. Et voilà la source du décalage. Votre enfant vit dans un autre monde que le votre. Il n’a pas les mêmes préoccupations ; ni les mêmes envies, ou les mêmes intérêts ; ni les mêmes obsessions, les mêmes bonheurs, ou les mêmes hontes, et espère une chose… pas le même futur !
Votre enfant est loin. Plus loin que la distance qui vous sépare comme dirait Serge Reggiani. Il vit au côté de ses camarades sur une île appelée quelque part « Le pays imaginaire ».

Et vous chers parents, vous êtes le Peter Pan de Steven Spielberg qui a oublié son passé ; celui qui a grandit – pour ne pas dire vieilli – effaçant de sa mémoire l’enfant qu’il était pour s’affairer à ses responsabilités. Oui, vous êtes Robin Williams au début de Hook et au fond de vous, vous attendez votre fée clochette. Celle qui viendra vous rappeler les combats que vous meniez, les principes que vous aviez. Et les ambitions aussi.

Oui, le pire dans cette histoire ce n’est pas que votre enfant soit turbulent, mais que vous étiez pareil à son âge et que vous l’avez oublié, atténué ou même altéré avec le temps.
« Oh à notre époque les profs étaient plus stricts, ça mouftait pas ! » que vous vous dites ?! Ce n’est pas ce que racontent vos parents à vous. Je leur ai parlé moi et ils m’ont dit ! Ils ont une bonne mémoire les parents quand il s’agit des conneries de leurs enfants ; ce jour ci vous aviez fait ci, ce jour là vous aviez fait ça.

Peut-être bien que la turbulence est héréditaire finalement mais que certains ont la mémoire courte… Ah vous ne voulez pas qu’ils fassent comme vous ? Alors vous faites comme vos parents ; les pieds bien sur Terre pour éviter de rêver, quitte à les enfoncer dans le bitume et risquer l’enracinement ; leur apprendre la réalité de la vie en leur en montrant la noirceur. Leur communiquer votre réalité, vos normes, vos peurs ; même celles auxquelles ils n’auraient pas songées. Et comme la vie est bien faite, ces mêmes enfants, turbulents aujourd’hui, perpétueront les traditions et répéteront aux leurs, comment il faut ne plus sourire, comment il faut subir ses peurs…
Et de génération en génération, on retrouvera, des enfants qui ne comprennent pas leurs parents avant de devenir des parents qui ne comprennent pas leurs enfants.
Mais si à l’inverse, ce soir, vous étiez ce parent qui change la donne. Celui qui comprend qu’avant tout, les enfants turbulents sont des incompris ; qu’ils ne parlent pas la même langue. Vous aviez votre argot, et c’était « bat » ; ils ont le leur. Chacun son bail…

Vos pressions ils n’en savent rien. Vos obligations ils s’en tamponnent. Merde quoi, qu’est ce qu’on sait à 17 ans ? Vous l’avez oublié ? C’est à se demander si vous l’avez seulement su ! Comment peut-on à ce point ne pas se souvenir de ce que l’on aimait enfant et de ce que l’on haïssait. Prenez le temps avant de le dévisager, prenez le temps de vous souvenir : de ce match de foot où vous aviez inscrit un triplé, de ce chat perché où vous aviez effleuré ses cheveux, de cet avion en papier qui a malencontreusement fini dans le dos du professeur et bien sûr, vous aviez utilisé une copie à votre nom pour le faire. Et l’importance majeure des plaisirs simples ; de son regard à elle, de son sourire et de son rire. Et ces matins d’hiver, obligés, l’esprit encore endormi, d’allumer la lumière car il fait encore nuit dehors, en se demandant comment diable est fait ce monde. Qui a décidé qu’un enfant devait vivre cela ? Qui a décidé qu’il devait passer de longues heures assis sur une chaise chaque jour ? Sûrement la même personne qui a oublié qu’entre l’âge où on apprend à écrire et celui où on décide de son futur, il n’y a même pas 10 ans.

Et, si le problème n’était pas l’immaturité de ces enfants, mais plutôt le fait qu’on leur demande de ne plus l’être. Toute cette attente disproportionnée. « Ne sois plus immature, grandis ! Viens dans notre monde, on s’y fait drôlement chier. »

Mais en quoi ordonner de grandir à un enfant, ne serait pas aussi absurde que de demander de se calmer à une personne stressée ?

Cet enfant qui, à 17 ans, a déjà du mal à savoir qui il est, doit en plus décider de qui il sera, de son avenir ; lui qui donnerait tout pour simplement être le meilleur à FIFA et pour arracher un regard à cette fille là ; lui qui parle de son futur comme d’une galaxie lointaine, très lointaine, demandez lui de grandir et de décider.
Et affirmez-moi que le système est bien fait quand il oblige à choisir le métier que l’on veut exercer toute sa vie, sans jamais l’avoir testé et, en n’en connaissant que l’image renvoyée par tel ou tel référant que l’on a en nous ; on se lance dans des études plus ou moins longues sans aucune certitude qu’à la clé, exercer ce métier nous épanouira.

Si l’on a une passion, c’est forcément une voie sans avenir, un domaine compliqué où les places se font rares. Et si l’on n’a pas de passion alors on tire au sort. Les conseillers d’orientation sont des clowns dont la vocation n’était pas de se retrouver face à un gamin qu’ils considèrent sans avenir ; et vous, parents, vous voulez le meilleur pour votre enfant. La passion et l’épanouissement personnel c’est sympa, l’argent c’est mieux.

Pour vous c’est bien simple de parler, vous êtes ancrés dans la vie. Oui, vous vous battez pour nourrir des p’tits cons qui cachent les yeux que vous leur avez donné derrière des mèches huileuses. Oui, vous savez comme c’est dur de trouver un travail et de le garder.
Mais eux, ils n’en savent rien. Essayez de le comprendre en vous rappelant qui vous étiez à son âge. Essayez ainsi de comprendre qu’il ne peut pas être vous à votre âge. Qu’il ne peut pas penser à ses futurs enfants et à son futur appartement. Il ne peut pas penser à son avenir autrement qu’en rêvant. Et il ne doit pas.

Laissez-le rêver, laissez-le espérer, laissez-le se battre. Laissez-le tomber et se relever. N’éteignez pas sa flamme. Aidez le à l’entretenir.
Aidez-le à choisir. Pour lui, pas pour vous.
Ne le nourrissez pas de vos frustrations ni de vos propres rêves. Les combats que vous avez menés ne sont pas les siens.
Donnez-lui confiance. En lui et en la possibilité d’un futur attrayant.
Aidez-le à comprendre. A se comprendre. A trouver un but. Un objectif. Une cible à viser. La voilà la clé.

Et rappelez-vous ce que vous auriez aimé entendre à 17 ans. Rappelez-vous de cette flamme qui brulait en vous. Rappelez-vous, regardez votre enfant dans les yeux et dites-lui !

« N’oublie pas. Toi, qui était convoqué dans ce bureau. N’oublie pas pourquoi tu es là. N’oublie pas cette flamme et ne laisse personne l’éteindre. Bats-toi pour l’entretenir. Bats-toi pour qu’elle grandisse. Bats-toi pour qu’elle emporte tout sur son passage. Ne laisse personne te dire ce que tu dois faire. Ni un prof, ni moi. »

Maint’nant écartez-vous du passage ; laissez passer les enfants pas sages.

FIN

S.B.

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77 réflexions sur “Lettre ouverte aux parents d’enfants turbulents (Partie V)

  1. Je suis tellement d’accord… Tout ce qu’il faut c’est être grand, mature et responsable. A 4 ans il faut déjà trouver un réponse à « qu’est-ce que tu veux faire plus tard, quand tu seras grand »… Nul !
    Enfin, je suis absolument d’accord. On a le droit au doute, on a le droit de ne pas savoir et d’être immature. Un temps pour tout et tout à un temps.

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  2. Bonjour Sacha ! Merci pour ce billet d’humeur. 🙂 Entièrement d’accord. J’essaie toujours de me souvenir de ma propre enfance quand je parle à mes enfants, même si ce n’est pas toujours facile et c’est un rappel à l’ordre nécessaire, un beau message de respect, de tolérance et d’amour envers les ados. Montrer l’exemple pour leur donner envie de s’épanouir dans un monde à leur image. 🙂

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  3. Bonjour Sacha B.,
    je me souviens du soulagement et du bonheur d’apprendre que certaines personnes qui avaient brillamment réussi sur le plan intellectuel étaient des cancres à l’école.
    Et que si réussir à l’école est important, il faut aussi veiller à ce qu’elle ne normalise pas et n’efface pas les spécificités de chacun. Et ne pas forcément dramatiser les mauvaises notes, cette dramatisation peut avoir des effets graves sur l’estime de soi; qui risquent d’être des entraves futures pour la réussite du futur adulte.

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    1. Ah je me retrouve aussi dans ce que vous dites, je faisais même des listes de personnes célèbres qui n’avaient pas de diplome 🙂

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  4. Bonjour Sacha
    J’ai lu avec la plus grande attention ce texte qui regorge de vérités, ce qui tend à prouver de votre part une vie riche tournée tant vers le passé que le présent et même sur le futur.
    Moi même ayant été enfant unique élevé par des parents divorcés ultérieurement et le tout pendant la seconde guerre mondiale, ai eu cependant une vie riche et formatrice.
    Parents de deux garçons et mon épouse ayant quitté à la fois son métier et son travail pour s’occuper de nos petits j’ai repris mes études durant sept ans (dont cinq en cours du soir et du samedi) afin de compenser la perte financière. Il est évident que nos enfants ont souffert de l’absence partielle de leur Papa, bien que jamais les vacances en famille n’aient été mises de côté, bien au contraire, elles étaient le lien qui a cimenté la famille.
    Nos deux fils étant très différents face aux études, j’ai pratique la même méthode que mon propre Papa vis à vis de moi et nous les avons guides, mon épouse et moi même au mieux de leurs envies et capacités.
    A présent tous les deux ont suivi leur chemin et ont réussi dans leur vie d’adultes, l’un doué par le manuel, l’autre par l’intellectuel.
    Ce qui est amusant est que l’aîné à été très tôt attire par l’informatique, ce qui m’a incité à débuter moi aussi avec un ZX81, justement en 1981…et amené notre cadet vers le meme systeme.
    Nous sommes maintenant des passionnés de l’informatique, l’aîné dans les plus hauts niveaux (type homologue IBM) et le cadet qui vient de créer sa Société de réparation et dépannage à Berlin où il a décidé de faire sa vie de famille. Le point de concordance tient au fait qu’ils me poussent tous deux vers une évolution constante de mes connaissances sur ce sujet, y compris en matériel et logiciels.
    Nous sommes ainsi parvenus à nous comprendre et nous entendre avec ce qui est devenu une passion commune mais aussi la base de leurs métiers à tous deux.
    C’est comme si nous avions mis tout ce temps entre leur adolescence et leur maturité pour mieux nous comprendre. Comme quoi, il n’est jamais trop tard, comme vous l’exprimez si bien tout au long de vos lignes, pour se comprendre tout en puisant, en tant que Papa, dans mon expérience de jeune adolescent.
    Nota: mon Papa m’a élevé en se référant au poème de Kipling: « Tu seras un homme mon fils »….et ma plus grande fierté à été lorsque j’ai pu féliciter chacun de mes fils de m’avoir largement dépassé et que j’ai pu à mon tour leur décerner une copie de ce poème.
    Merci donc à vous, cher Ami pour m’avoir fourni, dans votre si réaliste texte, des éléments de comparaison plus que positifs.
    Ce qui prouve bien que l’on apprend à tout âge lol
    Bien amicalement
    Michel

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    1. C’est moi qui vous remercie Michel pour ce jolie témoignage, bourré de sincérité, qui prouve que chaque histoire est passionnante, quand elle est bien racontée 🙂 . Vous relevez quelque chose de très intéressant sur le partage entre les parents et les enfants qui peut s’incarner sous forme d’une passion commune et faites à votre tour écho à des éléments de mon enfance (et de ma vie actuelle, je ne suis pas bien âgé).
      La transmission à travers un poème est aussi un symbole magnifique et je trouve vraiment fort que vous l’ayez perpétué.
      Merci donc pour votre richesse, et tout aussi amicalement, je vous dis à très bientôt 🙂

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  5. Avec quatre enfants à mon actif, je dirais volontiers que nos enfants nous éduquent. Nous leur inculquons des valeurs, des manières, nous leur donnons des repères pour être des adultes forts. Et, contrairement aux apparences, ils ont intégré tout ceci.
    Mais ils nous éduquent aussi, car chaque parole de notre part, chaque balise posée avec une bienveillante fermeté sur leur chemin, est un appel à nos souvenirs d’enfance. Nous devons mettre en perspective ce que nous souhaitons leur transmettre avec ce que nous avons reçu. Pas si facile, surtout à l’adolescence.

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  6. Le conflit est fécond, il faut ménager la rébellion. Je suis d’une autre époque, à 17 ans j’étais au boulot, et faisais la fête le dimanche. Merci d’être passé sur mon blog, et d’avoir trouvé intéressant mon texte, beaucoup plus intéressant que moi (de loin).

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    1. Tout à fait ! Mais aujourd’hui aussi les jeunes bossent à 17 ans mais ils font aussi, en plus, des études en parallèle !
      Et si votre texte est intéressant c’est que vous l’êtes aussi !
      Ciao 😉

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  7. Sacha B. pour commencer je te remercie d’être passé par mon blog (monbebeestlemeilleur.com) que tu as liké d’ailleurs. Cela me permet et de bon cœur 🙂 d’entrer en débat ici.
    Les uns et les autres parlent de système? Mais enfin c’est quoi ce système, c’est qui ce système? Le système ne commence t-il pas dans le cercle familial?Pourquoi certains parents cherchent un échappatoire au lieu d’assumer leurs responsabilités?
    Tres récemment, je participais a un débat sur les générations et encore la tout le monde ou presque lance des cailloux sur ce fameux système. Alors dites-moi chers parents (j’en suis aussi un): lorsqu’il n’y a pas de discipline a la maison, lorsque le parent n’a pas le courage et pis encore, manque d’autorité pour punir son adolescent, qui dépasse de loin des limites du supportable, lorsqu’il n’existe pas de communication, d’échanges en famille car chacun est occupé par son dernier appareil de téléphone ou de tablette, sur des séries télévisées…a qui revient la faute?, Qui achète ces « joujous » aux enfants? Et cela est-ce par amour ou par refus de responsabilité? Joel

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    1. N’étant pas encore parent je ne vais pouvoir te répondre réellement. Je laisse la parole aux internautes qui passeront par là 😉
      Je dirais simplement que l’autorité parentale n’est en rien un frein à la « turbulence ». Des parents punissants auront quand même des enfants à problème. Il s’agit d’un équilibre plus difficile à trouver entre l’autorité et l’écoute, selon moi.

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  8. Soucebt j’essaye de me dire « mais comment j’etais a son age ? » Eh bien pareille ! Ma fille, c’est moi y il y a quelques annees… sans le savour elle a les memes tucs que moi, le meme caractere, la leme facon d’etre. Et si je me fache parfois sur elle c’est parce que je me revois enfant… dur de se facher sur soi meme
    Tres belle et bonne reflexion… merci d’etre passe par mon blig. A bientot

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    1. J’avais entendu que l’on se retrouvait en ses enfants et qu’à travers eux, on pouvait revivre une deuxième jeunesse. Ce que vous dites semble le confirmer ! J’attends donc ce moment 🙂

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    2. Désolée pour toutes les fautes de tapes…pfffff j’ai de gros doigts et pas habituée à tapoter sur mini clavier tactile. Il fallait comprendre souvent au tout début de mon commentaire, et des tics en place des tucs… à force de me voir en elle j’ai peur qui lui arrive les mêmes mésaventures que j’ai connues… mais être parent, ça garde la jeunesse avec des soucis et des cheveux blancs en plus. 😉

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  9. J’ai adoré cette série de lettre ouverte ! Bravo !
    Je me bats chaque jour dans mon boulot pour faire réfléchir les gens sur ce genre sujet et pour montrer qu’en discutant on arrive a beaucoup plus de chose avec les gens 🙂

    Encore merci pour ces articles !!

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    1. Merci à vous ! Quel métier faites vous ? Courage ! Et en tout cas je pense que la voie de la communication que vous avez choisie est la bonne ! 🙂

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    2. Oui je le fait avec sincérité 🙂 Et puis dans l’animation pour pouvoir en vivre faut vraiment le vouloir 🙂 Généralement on ne devient pas animateur pour l’argent 🙂 Bonne soirée

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    1. Mais oui, vraiment ! L’OMS recommande 25g de sucre par jour : un verre de jus d’orange le matin = 10g minimum ! Le compte est vite dépasser, le sucre étant de l’énergie, faut bien réussir à la dépenser…

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    1. Merci Clément pour ce tag qui m’a déjà permis d’en savoir plus sur toi ! Pour ma part je préfère divulguer petit à petit les informations sur moi à travers les écrits plutôt que sous la forme d’interview.
      Mais je suis touché de ta solicitation. A bientôt…

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    2. Pas de problème. Faire ce qu’on aime sans contraintes est une priorité, surtout en ces temps difficile où profiter de la vie n’a jamais été aussi primoridial. A bientot !

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  10. Intéressante lettre ouverte, pour l’enfant pas sage que j’ai pu être, rétive à l’autorité, j’ai fait pleurer mon père parce qu’il n’avait pas compris que j’existais. Depuis, à 58 ans, j’ai enfin répudié ma mère, grande orchestratrice de castrations en tous genres, et m’en porte bien.
    Les gamins hors cadre, j’en vois à l’école, je suis animatrice d’un atelier périscolaire, et ce sont souvent les plus attachants, même s’ils foutent en l’air l’atelier de par leur indiscipline. Pour ma part, mes souvenirs d’école sont bons, j’y ai dérapé mais qu’est-ce que j’y ai ri… j’en garde un sourire car les profs avaient su saisir ce que les parents n’avaient vu.
    Il n’en reste pas moins que les conséquences s’enchaînent et que l’histoire se répète. Ce sont les petits enfants qui prennent la relève…

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    1. Merci pour ce témoignage et je suis heureux d’apprendre l’ordre que vous avez su mettre dans votre vie et le rôle que vous jouez sur l’éducation de jeunes. A bientôt…

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  11. Le pire dans cette histoire, ce sont les parents trop aveuglés par le mythe de l’enfant parfait ! Sans compter les parents qui n’ont pas la lucidité de se mettre au niveau de l’enfant (émotionnellement et intellectuellement parlant) mais après tout, ce problème de mémoire vient peut-être du fait que nous n’avons pas gardé les traces physiques de nos éraflures sur les genoux, de nos bosses sur le front…

    Amical salut

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    1. Intéressant. Les parents veulent probablement éviter à leurs enfants de faire les mêmes erreurs qu’eux sans comprendre que certaines erreurs doivent être commises pour être assimilées comme telles !

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  12. Bonsoir,
    Je vais sans doute dénoter parmi les commentaires précédents non pas sur la qualité des textes que j’ai lus avec beaucoup de plaisir mais plutôt sur ce que ces textes ont éveillé en moi.
    J’ai 2 fils adolescents et franchement ce n’est pas facile pas tant parce qu’ils sont rebelles et qu’ils se confrontent à un système existant mais parce que les adolescents n’ont jamais eu autant de liberté, autant de choix possibles. Partout où ils regardent, ils voient de l’extraordinaire et lorsqu’ils regardent ce qu’ils font eux mêmes souvent ils voient de l’ordinaire. Ceci est difficile à vivre pour tout humain et encore plus pour des ados.
    Alors plutôt que de dire que nous les adultes cherchons à les rendre trop vite matures, je dirais plutôt que nous adultes ne parvenons plus à leur donner de quoi construire leur maturité. Bien sur, mes réflexions reposent sur un petit nombre d’ados et je voulais simplement partager ce ressenti avec vous.

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    1. Bonjour Philippe, je reçois avec plaisir toute forme de réflexion ! Vous écrivez que les adultes n’y parviennent « plus ». Vous pensez donc que c’est quelque chose qui à évoluer et qu’à une époque il était plus simple d’éduquer des adolescents ?

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    2. Bonjour Sacha,
      Oui je pense qu’à une époque pas très lointaine, il était plus facile non pas d’éduquer les adolescents mais de leur donner des éléments pour les aider à se construire.
      Quelques éléments pour étayer ce que je viens d’écrire: plusieurs études ont montré que l’augmentation du choix était souvent un facteur de complication et d’insatisfaction. Cela va du nombre de paires de chaussures disponibles à l’idée de rencontrer le/la partenaire idéale. L’adolescence est une période où les émotions sont instables tantôt fortes, tantôt exprimées, etc… Devoir faire face à de nombreux choix draine l’énergie des ados et les rends encore plus vulnérables à ces sautes d’humeur.
      Dans la même idée, il n’existe pas ou peu de vérités indiscutables et la prolifération des avis rend plus difficile la mise en place d’un modèle auquel se confronter, s’identifier, etc… et là encore cela plus difficile si on a peu de solide contre lequel s’appuyer ou lutter.
      Ensuite pour ce qui concerne le rôle des parents, le temps passé avec les ados est nettement plus faible que lorsque j’étais ado et là encore la réduction de ce temps réduit la possibilité de faire passer des idées par l’exemple au lieu d’utiliser la parole. Là encore l’idée n’est pas de forcer à imiter mais cela donne un modèle que l’ado peut choisir d’accepter, de rejeter, d’amender.

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  13. Bonjour Sacha,
    Comme d’autres, je vais te remercier d’avoir liké un article sur mon blog, me permettant de venir farfouiller par ici et de découvrir cette très belle lettre ouverte.
    Je ne suis pas parent, mais professeur (de français, justement) et j’enseigne dans les zones que TF1 appellent « difficiles » comme on dit « chiens dangereux »… Je suis d’accord avec tout ce que tu dis. J’étais moi-même bonne élève mais j’ai fait mon lot de conneries que j’essaie de ne jamais oublier, et l’avantage d’une matière telle que le français est pour moi de donner aux élèves des moyens de comprendre ce qu’ils ressentent dans cette période si forte, si belle et bordélique qu’est l’adolescence.
    Seulement voilà….(aaaah, nooon, le fonctionnaire remonte à la surface, je le croyais pourtant en vacances !! ^^) en passant de l’autre côté du bureau, on se rend compte d’une chose : être prof, c’est avoir non pas un élève, mais une classe. Il m’arrive d’avoir envie de dire à tel élève « Joue aux cartes si tu préfères… » (ça m’est d’ailleurs déjà arrivé, et le jeune homme poursuit lentement mais sûrement sa passion de magicien 🙂 )…Mais comment l’expliquer aux autres ? Le lendemain, plus personne ne bosse…
    Pour moi, les cultiver, c’est nécessaire pour leur donner les moyens de vivre pleinement leur passion, ce qui est le plus important. Et la grammaire l’est aussi, pour qu’ils puissent exprimer ce qu’ils ressentent…
    Enfin, tout ce blabla pour dire qu’il y a, je pense, de la frustration des deux côtés du bureau : les élèves ne nous voient que comme le prof, et nous ne pouvons les voir qu’en tant qu’élèves (parce que crois-moi que rester proche d’eux, ça se paie, personnellement la provi de l’endroit où je bosse me le fait payer quotidiennement… :/ ) Le problème n’est pas l’enfant turbulent, et il n’est pas l’enseignement non plus…C’est ce foutu système qui nous oblige et nous oblige à obliger les gosses à répondre à cette logique m*rdique de rentabilité…
    Par ailleurs, le plus difficile avec les jeunes d’aujourd’hui (je n’ai que 10 ans de plus que mes élèves, mais le fossé se creuse vite…) ce n’est pas de leur donner les moyens de vivre leur passion, c’est que beaucoup d’entre eux n’en ont pas. Et ça c’est terrifiant, et c’est aussi la faute du système qui ne leur offre plus une société assez stimulante…

    Enfin voilà, juste pour dire que beaucoup de profs sont restés des enfants turbulents eux aussi frustrés par les murs qui les retiennent…
    Anaïs.M

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    1. Un grand merci Anaïs pour ce témoignage juste, qui vient apporter un nouveau point de vue et me donne l’occasion de clarifier certaines choses 🙂
      Je suis entièrement d’accord avec vous sur la profession d’enseignant qui est l’une des plus importantes et difficiles qui soit. Dans ces lettres j’ai voulu retranscrire le regard d’un enfant qui vit ces moments et ce sentiment d’opposition quasi systématique. Mais non, tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir. Les profs ne sont pas les « méchants » de cette histoire. La culture est absolument indispensable, je voulais même y consacrer un texte pour vous dire, mais je craignais de basculer vers un aspect plus sociologique et moins romanesque que celui recherché…
      Il existe évidemment des professeurs passionnants, bienveillants et compréhensifs, qui réussissent à transmettre leur passion pour la matière enseignée. J’en ai connu – les premiers auxquels je pense enseignaient la même matière que vous – et c’est surement pour ces raisons que je vous écris aujourd’hui.
      Nous nous rejoignons enfin sur le fait que le problème vient de l’incapacité à faire naitre non pas forcément une passion, mais au moins un but et des envies réelles de faire une profession stimulante ; une incapacité qui nait, non pas d’une mauvaise intention des deux bords, mais bien d’un système éducatif inadapté.
      A très bientôt j’espère, et bon courage dans votre tâche quotidienne qui est loin d’être évidente et mérite tout le respect et les hommages qu’il se doit !
      PS: je vous pardonne votre faute d’orthographe (j’ai toujours rêvé de dire ça à mes professeurs :))

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  14. Bonjour Sacha ! Merci d’avoir aimé un article de mon blog, ce qui m’a permis de découvrir le tien… Magnifiques ces textes aux parents d’enfants turbulents… J’en ai deux (des enfants), un de presque 20 ans et l’autre de 9, qui m’épuise souvent par sa vitalité, ses négociations sans fin. Alors tes textes viennent à point pour me rappeler l’enfance et l’adolescence. Je n’ai jamais oublié les miennes qui me servent de repères pour l’éducation de mes enfants mais desfois, pris par le quotidien, on oublie quand même… Bonne route à toi !

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    1. Oui grâce à vous, je sais quel livre lire quand j’aurais terminé celui que j’ai commencé ! Content que les textes vous aient plu, d’autant plus qu’ils sont pour vous d’actualité 🙂
      Très bonne continuation et à bientôt !

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  15. Merci pour ces pages
    oui l’enfant n’est pas trop fait (l’adulte non plus)
    pour être en ruche et butiner ce qu’on lui dit de butiner

    le rendement décroissant de l’école telle qu’elle existe
    obligera peut-être (comme pour le reste)
    à chercher des solutions plus adaptée au développement du petit d’homme.

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  16. wahhh, que c’est réjouissant de te lire, sacha! j’espère que nombre de parents comprendront ton message 😉
    je suis contente d’avoir très peu grandi ( comme je te l’ai déjà dit 😉 ) et d’avoir soutenu mes filles dans leurs rêves d’enfant (qui paraissaient inaccessibles…..et elles ont pourtant réussi!)….mais je dois t’avouer qu’elles trouvent leur mère un peu ‘barge’ à présent qu’elles sont grandes et pour l’une, maintenant maman :-)……car je continue de vivre mes rêves (considérés comme ‘fous’) et ne me contente pas de les écrire…….
    ton texte me fait penser au documentaire qui sort ‘justement’ aujourd’hui et qui traite de la vision (éducative) d’arno stern : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=214988.html
    bonne nuit à toi, sacha, et merci pour cet excellent billet!

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    1. Merci de partager ton expérience, c’est beau d’avoir réussi à inculquer ces valeurs à vos filles, en plus de les avoir appliquées à vous même !
      Et sinon e vais essayer de regarder ce documentaire !
      A très vite !

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