Hier, aujourd’hui… demain !

Ecrit le 07/01/2015 à 20h

Hier soir j’ai écris un texte que j’ai brûlé ce matin.
Car hier j’étais au cinéma et en sortant je rêvais.
Mais aujourd’hui je contemple, impuissant, ce qu’est la réalité.

Hier je suis allé voir un film, un film réalisé par un homme au cœur pur, un homme qui prône la paix. Son nom, Régis Fayette-Mikano, devenu Abd Al Malik après sa conversion à l’islam. Son film, “Qu’Allah bénisse la France” reprend tous les clichés sur la banlieue, sur le rap et sur cette religion afin de les déconstruire petit à petit. Une vision optimiste basée sur une histoire vraie, celle du réalisateur lui-même, auteur de ce premier film et célèbre avant cela pour sa carrière de rappeur ponctuée de multiples distinctions musicales.

En rentrant hier soir, je regardais les gens dans les yeux parce que ce soir là, ils n’étaient plus des formes mouvantes, ils n’étaient plus des obstacles à esquiver, ils n’étaient plus des ombres floues. Ils n’étaient plus une étoile, un croissant ou une croix. C’était des Hommes. Avec leur point commun d’Hommes et leurs différences. Surtout leurs différences.

Ce soir là, curieusement, j’ai eu de l’espoir. Je repensais à cette calme période de Noël. Les tristes événements passés étaient passés justement. C’était l’année dernière.
Ce soir là, l’air était si doux que j’avais envie de serrer les gens dans mes bras. Je n’avais plus peur, et les gens autour de moi, peut-être, n’avaient plus peur non plus.

Alors je suis rentré et j’ai écrit. J’ai écrit des choses sur la tolérance. J’ai associé des mots pour combattre le racisme qui n’est que le triste mais répandu résultat du mariage entre la peur et l’ignorance.
Et lorsque je me suis endormi, j’étais apaisé car je pensais finir mon texte le lendemain, le publier quelque part et ainsi crier légitimement ma foi en l’humanité.

Mais ce qui m’a réveillé ce jour là, ce n’est pas la voix de ma mère ou le son de mon alarme. Non, ce qui m’a réveillé ce matin là, ce sont des vibrations. Une rafale de vibrations violentes. Ces vibrations provenaient de mon téléphone portable. Plusieurs notifications relatant toutes le même acte. Quelque chose s’était passé.

Quelque chose qui contredisait tout. Qui mettait fin à tout. Comme un oiseau à qui on a ouvert la cage, qui regarde dehors, prend son envol et au moment où ses ailes s’ouvrent, où son premier battement vient frapper l’air, au moment où il croit pour de bon quitter sa prison, à ce moment là même, l’oiseau est abattu.
L’espoir était mort, la paix était mort, Charlie hebdo était mort.

Le verdict tombe, les terroristes ont revendiqué leur appartenance à l’islam en criant avoir agi au nom du prophète Mahommet. Les raccourcis vont fuser. Marine Le Pen win. Eric Zemour win. Dieudonné win.
You loose.

L’écoeurement est innommable, les échanges de messages avec les proches n’y changent rien. Je redoute de passer ma porte et de me confronter à cette détresse. Au retour de la peur et des préjugés. Au retour des regards en coin et des attitudes défensives.
Arrivé au travail, je constate que personne n’a le coeur à l’ouvrage. La France est sous anesthésie. La même information en boucle, sur les télés, sur les réseaux sociaux, dans les bouches, partout, partout… partout.

Mon père m’envoie « Tout va bien ? » par texto. Ça lui prend parfois mais je ne peux y voir de coïncidence. La peur est de retour, ça semble sûr.

Et puis au milieu de l’ombre, la lumière. Une petite étincelle se voit de loin même dans la nuit.

Et cette étincelle est née dans le coeur des gens. Manifestations, réunions, messages de soutien. Rapidement les gens se mobilisent et là, tout ce qui semblait mort au matin, tout ce qui avait perdu son sens, tout ça reprenait vie. Une résurrection au nom de la liberté d’expression. Une résurrection salvatrice qui annihile les ambitions des terroristes. Ces terroristes qui par définition cherchent à instaurer la terreur ont oublié quelque chose. Peut-être que les gens ont peur, peut-être que les Français ont peur, mais ils agissent. Cet acte ignoble aura réussi à réunir tous ces gens qui pourtant ne se supportaient plus. Le patriotisme et la communauté étaient critiqués, mais la meilleure réponse à cet acte a eu lieu. Les gens se mobilisent, s’unissent et se battent ensemble.

La réponse à un acte qu’il est important de dissocier, une bonne fois pour toute, de l’Islam. Cette religion, que je côtoie depuis la naissance car je suis né en 90 et que dans mon école il n’y avait pas de religion ou de couleur mais que des copains. Aujourd’hui mes amis, mes vrais amis, je ne laisserai personne les bafouer. Touche pas à mon pote !

Pour ceux qui affirment encore que le Coran prône la haine, je copie ces deux extraits :

“Celui qui opprime un citoyen non musulman, qui lui retire ses droits, exige de lui plus qu’il ne peut supporter, et qui le contraint à une quelconque concession, je serai le défenseur de cet opprimé le jour du jugement dernier”

« Celui qui tue un citoyen non musulman, ne sentira jamais l’odeur du paradis »

Voilà les mots du prophète Mahommet. Voilà les mots de celui qui est utilisé par les extrémistes et les radicaux. Voilà ce qu’est réellement l’islam et ceux qui la pratiquent vraiment. Un arbre qui tombe, fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. Ne l’oubliez jamais.

Charlie Hebdo est touché, mais Charlie Hebdo n’est pas mort.

Charlie Hebdo est immortel.

La France est touchée, mais la France n’est pas morte.
La Terreur ne s’enflammera pas car nous sommes unis,
Et de cette union naîtra l’espoir,
L’espoir de pouvoir dire, enfin, un jour : “je n’ai plus peur”.

S.B.

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7 réflexions sur “Hier, aujourd’hui… demain !

  1. il est bon de publier ce texte en mai et pour moi de le lire en octobre……car je n’oublie pas
    merci sacha (et maintenant je sais que c’est en 90 que tu es né à ce monde…..question que je te posais suite à mommy ;-))

    Aimé par 1 personne

    1. C’est un texte que j’ai écrit le jour même, le 7 janvier, mais le blog n’existait pas alors… et c’est vrai que c’est intéressant de réfléchir à la raisonnance aujourd’hui, 9 mois après. Le temps d’une grossesse. A quoi ressemblera le fils de Charlie ? ahah
      Et je n’avais pas relevé la question, excuses moi ! Je suis né en 1991 précisément 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour eux. Pour nous. Je reste Charlie. Pour ne pas oublier. Et rester tolérant, respectueux de l’autre dans ce qu’il a de commun avec nous comme dans ses différences. Un dessin n’est qu’un dessin. L’humour est un langage pour dénoncer les extrêmes en éloignant la peur.

    Aimé par 1 personne

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